Amplitude, temps de travail, coupure : trois chiffres à ne pas confondre
C'est la confusion qui coûte le plus cher en restauration, parce qu'elle se solde sur la fiche de paie.
- Le temps de travail effectif est la somme de vos services. C'est lui qui est payé, et lui seul.
- L'amplitude va du début du premier service à la fin du dernier. Elle mesure votre journée, pas votre paie.
- La coupure est la différence entre les deux. Vous n'êtes pas à la disposition de l'employeur : elle n'est donc en principe pas rémunérée.
Dix heures de travail peuvent ainsi tenir dans une journée de treize heures. C'est légal, et c'est le quotidien d'une bonne partie des salles et des cuisines soumises à la CCNT.
Quatorze heures, pauses comprises : la vraie limite suisse
C'est la différence la plus nette avec la France, et elle joue en sens inverse de ce qu'on croit. La Suisse ne se contente pas d'un repos qui borne l'amplitude par ricochet : elle fixe la limite directement. L'article 10, alinéa 3 de la loi sur le travail dispose que le travail de jour et le travail du soir doivent être compris dans un espace de quatorze heures, pauses et travail supplémentaire inclus.
Une mise en place à 9h suivie d'un service qui s'achève à 23h fait exactement quatorze heures : vous êtes à la limite, pas au-delà. Le même horaire serait hors des clous en France. Le calculateur applique le seuil suisse.
Attention au sens de la règle : quatorze heures est l'amplitude maximale, pauses incluses. Une fois les pauses déduites, le travail effectif d'une journée reste nettement en deçà.
Onze heures de repos entre deux journées
L'article 15a LTr impose un repos quotidien d'au moins 11 heures consécutives. Il peut être réduit à huit heures une fois par semaine, à condition que la moyenne de onze heures soit respectée sur deux semaines.
C'est la contrainte qui mord réellement sur les horaires coupés : un service du soir qui finit tard rend impossible une mise en place tôt le lendemain.
La coupure est-elle payée ?
En principe, non. La CCNT prévoit que le temps consacré aux repas n'est pas compris dans l'horaire de travail et qu'il est d'au moins une demi-heure par repas — sauf si vous devez rester à la disposition de l'employeur pendant cette période : dans ce cas, elle compte comme du travail.
C'est le point à vérifier sur votre planning : une coupure passée sur place, à attendre le service du soir, n'est pas la même chose qu'une coupure passée chez soi.
42 heures par semaine — et les deux exceptions
La CCNT de l'hôtellerie-restauration s'applique à l'immense majorité des établissements du pays. Son article 15 retient une durée hebdomadaire moyenne de 42 heures pour un plein temps.
- 43,5 heures dans les entreprises saisonnières reconnues comme telles.
- 45 heures dans les petites entreprises au sens de la convention.
La durée s'apprécie en moyenne, pas semaine par semaine : une semaine chargée se compense sur la période de calcul. C'est pourquoi le décompte des heures doit être tenu — c'est une obligation, et c'est votre meilleure preuve en cas de désaccord.
Questions fréquentes
Quelle est l'amplitude maximale d'une journée en Suisse ?
Quatorze heures, pauses et travail supplémentaire inclus. L'article 10, alinéa 3 de la loi sur le travail impose que le travail de jour et du soir tiennent dans cet espace. C'est une heure de plus qu'en France.
Comment calculer ses heures en horaire coupé ?
Additionnez chaque service séparément, sans compter la coupure. Pour un service de 10h à 15h puis de 18h à 23h : 5 heures le midi plus 5 heures le soir, soit 10 heures de travail effectif. L'amplitude, elle, va de 10h à 23h, soit 13 heures — mais ce n'est pas ce qui est payé.
La coupure est-elle payée dans la restauration suisse ?
En principe non : la CCNT exclut de l'horaire de travail le temps consacré aux repas, d'au moins une demi-heure. Si vous devez rester à la disposition de l'employeur pendant cette période, elle compte comme du travail.
Combien d'heures par semaine selon la CCNT ?
42 heures en moyenne pour un plein temps, 43,5 heures dans les entreprises saisonnières et 45 heures dans les petites entreprises. La durée s'apprécie en moyenne sur la période de calcul, pas semaine par semaine.
Combien de repos entre deux journées de travail ?
Onze heures consécutives au minimum (article 15a LTr). Ce repos peut descendre à huit heures une fois par semaine, si la moyenne de onze heures est respectée sur deux semaines.
Un service qui finit après minuit, comment le compter ?
Le calculateur le reconnaît tout seul : si l'heure de fin est inférieure à l'heure de début, il considère que le service se termine le lendemain. Un service de 19h à 01h compte donc 6 heures, et non une durée négative.